LE GRIOT HEBDO
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29 December, 2002 Issue 4  
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Sommaire
LE MOT DU GRIOT
DE LA NATURE JURIDIQUE DE LA REBELLION IVOIRIENNE
LE CONFLIT IVOIRIEN, L'ARMÉE FRANÇAISE ET LE DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE
REPLIQUE A JEAN ZIGLER ET AUX BIEN-PENSANTS
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REPLIQUE A JEAN ZIGLER ET AUX BIEN-PENSANTS
www.legriot.co.uk
by Tiemoko Coulibaly

REPLIQUE A JEAN ZIEGLER ET AUX BIEN-PENSANTS : LA GUERRE CONTRE L’IVOIRITAIRE LAURENT GBAGBO, SOSIE DU CRIMINEL SLOBODAN MILOSEVIC, REPOSE SUR UNE CAUSE JUSTE

Le truculent archeo-socialiste Jean Ziegler est de retour, son vieux socialisme sous le coude. Il vient de pondre, dans le quotidien francais“Le Monde” du 27 decembre 2002, un article partisan, d’une grande mediocrite ethique et qui traduit de surcroit sa parfaite meconnaissance de la crise ivoirienne.[1]

Decidement, Jean Ziegler ne connait pas du tout la Cote d’Ivoire ou alors il la connait vraiment tres mal. Dans son article qui releve moins de l’analyse que de la complaisante petition militante en faveur du petit copain socialiste, le celebre sociologue repete comme un perroquet, et sans grand talent, a la suite de Laurent Gbagbo lui-meme, la rhetorique mensongere du regime “democratiquement elu” qui serait attaque par de sanguinaires “terroristes” et que la communaute internationale se doit de combattre militairement (!!?). Et tout cela au nom de la “democratie” et surtout du “socialisme” – dont Ziegler se veut sans doute l’un des derniers gardiens – qui serait incarnes par Laurent Gbagbo, ce soi-disant socialiste qui rivalise dans le meurtre ethnique avec l’autre tristement celebre socialiste serbe Milosevic, auteur comme lui de charniers de civils. Ou est la difference entre Laurent Gbagbo et Solobodan Milosevic quand il est etabli que tous les deux sont animes par le fantasme de la societe pure, la fureur nationaliste et tuent tous les “impurs” qui leur tombent sous la main pour ensuite jouer leur numero de charme devant les cameras et la communaute internationale. Le monde civilise ne s’est pas longtemps laisse manipule par les ruses et mensonges du tyran serbe : il a pris, au nom de la civilisation, de la liberte, de la democratie et des droits de l’Homme, les armes contre le socialiste democratiquement elu Milosevic parce qu’il reproduisait au coeur meme de l’Europe les crimes barbares de l’autre socialiste democratiquement elu Adolph Hitler. Pour les memes raisons ethiques et politiques, la prise des armes contre le socialiste – mais “calamiteusement” elu selon l’interesse lui-meme - Laurent Gbagbo est moralement et politiquement legitime et juste : elle doit enfin faire comprendre a la communaute internationale qu’il est grand temps de mettre hors-jeu ce criminel dangereux qui deshonore l’humanite et ternit gravement l’image de la Cote d’ivoire, son parti, son groupe ethnique et deshonore ses amis de l’Internationale socialiste comme Jean Ziegler et ceux du Parti socialiste francais. La seule chance de ce criminel ivoirien encore en liberte et en action est d’operer en Afrique, ce continent du hors-sens ou l’assassinat politique et ethnique reste encore largement banalise et impuni a cause de la faiblesse de la societe civile, de la carence de la classe politique et de la complaisance d’une communaute internationale qui denoncait hier l’election frauduleuse de Laurent Gbagbo et hesite a lui repeter aujourd’hui ses fermes condamnations d’hier. En voulant ainsi apaiser par des mensonges ou des ruses le criminel Laurent Gbagbo pour limiter ses pulsions meurtrieres, on l’encourage au contraire a tuer davantage d’opposants, d’etrangers, d’Ivoiriens dits impurs : c’est aussi un enseignement de la seconde guerre mondiale avec Adolph Hitler qui a profite de toutes les complaisances des Petain, Chamberlain, Papon et autres collaborateurs francais pour rafler et tuer des milliers de Juifs. Les crimes de Laurent Gbagbo ne sont pas accidentels et etaient parfaitement previsibles : ils sont le produit de l’ideologie de l’ivoirite qu’il professe depuis 1990 tout en essayant de la dissimuler, comme un Jean-Marie Le Pen en France, derriere une rhetorique “democratique”qui ne peut que tromper les naifs, les intellectuels complaisants comme Jean Ziegler et d’autres encore, mais que ses complices et ses milices decodent facilement comme le feu vert pour tuer impunement. Apres tout, sous Laurent Gbagbo, nul n’a jamais ete inquiete pour un assassinat et des suspects du charnier de Youpougon (octobre 2000) ont meme ete relaxes après un simulacra dans un camp de gendarmerie, proces denonce par les avocats des victimes et les organisations de defense des droits humains (FIDH, etc.). Dans un article consacre a l’analyse serree de la rhetorique raciste de Laurent Gbagbo[2] - et publie dans la presse ivoirienne six mois avant l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir - j’avais longuement averti du caractere dangereux de Laurent Gbagbo et souligne avec force que toute arrivee au pouvoir de cet ultra-nationaliste ferait basculer la Cote d’Ivoire dans une spirale de crimes ethniques et xenophobes commis au nom de l’ivoirite. Ce ne serait que la repetition des crimes dont Konan Bedie s’etait egalement rendu coupable en novembre 1999 dans la region de Tabou ou des Burkinabes ont ete assassines tandis que 12 000 – dont certains installes dans le pays depuis des decennies et qui sont donc plus Ivoiriens que Burkinabe - ont du rejoindre leur pays d’origine, abandonnant tout[3].

Jean Ziegler, dans le role de nouveau repondeur automatique du criminel Laurent Gbagbo, le Milosevic ivoirien – role habituellement devolu aux socialistes francais - qui eut cru en un tel renversement de valeurs ?

Quant aux principaux rebelles ivoiriens du MPCI qu’il denigre tant, Jean Ziegler doit savoir que, meme si rien n’est parfait, la presse internationale n’a cesse d’evoquer leur bonne attitude – qui contraste avec celle des rebelles liberiens ou sierra-leonais par exemple - en matiere de respect des droits humains et a insiste sur leur revendications pour la democratie et la justice, ce qui lui a valu d’etre accusee par Laurent Gbagbo de complicite avec la rebellion : depuis lors, les grandes radios internationales qui emettaient en FM (RFI, BBC notamment) ne peuvent plus le faire par la faute du potentat socialiste local et la presse nationale est mise au pas par le gouvernement, la radio et la television nationale etant devenues des medias de la haine, selon Reporters Sans Frontieres. Le fait est qu’il y a aujourd’hui plus de crimes commis par les escadrons de la mort de Gbagbo, par ses mercenaires et milices ethniques dans les zones gouvernementales que par les rebelles ivoiriens qui ont fait du respect des droits humains un objectif politique. Les enqueteurs de l’ONU etabliront bientot la verite sur la responsabilite ecrasante de Gbagbo dans de nombreux crimes. Dans un rapport recent, Amnesty International a deja accable le gouvernement de Gbagbo pour le charnier decouvert il y a quelques semaines dans l’ouest de la Cote d’Ivoire et pour des tueries a Daloa d’une centaine d civils appartenant a la “mauvaise” ethnie. En termes de gravite, les crimes reproches a Laurent Gbagbo par Amnesty International n’ont rien a voir avec ceux des rebelles qui visiblement se comportent infiniment mieux que la soldatesque xenophobe de Laurent Gbagbo. Le fait est que, malgre ces nombreux crimes, c’est l’ami de Jean Ziegler et du Parti socialiste francais, Laurent Gbagbo, qui refuse obstinement que la Cote d’Ivoire ratifie le traite instituant la Cour Penale Internationale tandis que ce sont les rebelles qui reclament publiquement une Cour Penale Internationale pour la Cote d’Ivoire pour juger tous les crimes commis[4]. Le fait aussi est que c’est Laurent Gbagbo qui s’adosse, comme Milosevic et Hitler sur une ideologie de la haine tandis que le discours des rebelles puise dans la democratie et l’ideologie des droits humains.. Il ne sera pas si difficile de faire la part entre les bourreaux qui commettent des crimes premedites par l’ivoirite et leurs victimes “impures” ou “etrangeres”.

Visiblement, le grand manitou socialiste Jean Ziegler ne s'est jamais remis de la chute du Mur de Berlin et semble avoir completement disjoncte depuis ses propres deboires politiques dans son pays la Suisse. C’est en Cote d’Ivoire qu’il vient de detruire son etiquette de tiers-mondiste denonciateur des dictateurs et defenseur des peuples en lutte pour la liberte. On voit bien que Jean Ziegler comprend mal la quete de liberte et de democratie des peuples qui ploient sous le joug, des lors que ce joug n’est pas “capitaliste” ou “imperialiste”, mais se dissimule derriere l’etiquette socialiste. On se rappelle qu'a l’epoque de l’effondrement communiste, Jean Ziegler, pris de panique et en mal de reperes devant l’effondrement subit de son univers ideologique et onirique, avait precipitamment publie un petit livre intitule "Pour Karl Marx" dans lequel il expliquait doctement que le socialisme moribond etait encore l'avenir du monde. Quel credit peut-on donc accorder a Jean Ziegler, un homme qui s’est si lourdement trompe dans la comprehension de l’un des evenements majeurs du XXeme siecle ? Quel credit peut-on encore accorder a un pseudo tiers-mondiste qui fut, malgre l’evidence des faits, incapable de comprendre le sursaut democratique des peuples domines par ses amis socialistes et marxistes russes sur des bases a la fois ideologique et bassement tribaliste ?

Jean Ziegler est use : consacrons lui, en forme d’adieux, ces quelques lignes pour mieux en tourner la page. Si Jean Ziegler etait le Tiers-mondiste qu’il a pretendu etre, il serait aux cotes des peuples qui se soulevent contre leurs tyrans et surtout pas aux cotes d’un dictateur raciste, xenophobe et criminel comme Laurent Gbagbo, fut-il le plus grand socialiste du monde. Qu’il defende Laurent Gbagbo n’est qu’une autre de ses dernieres heresies et auto-mystifications qui ne trompera que lui-meme.

L’histoire du socialisme au cours du XXeme siecle est devenue particulierement tragique lorsque celui-ci s’est adosse sur le nationalisme (Hitler, Milosevic, etc.). La socialiste URSS s’est desintegree pour les memes raisons qui expliquent la guerre en Cote d’Ivoire : un Etat ethnique russe qui briment les identites des populations pour preserver l’hegemonie ethnique du groupe au pouvoir. L’arrogance d’un groupe ethnique dominant (les Russes) et les persecutions des autres groupes sur des bases etniques et religieuses a conduit ceux-ci a saisir l’opportunite democratique qui s’offrait a eux pour rejeter fortement le socialo-nationalisme russe et reclamer aussitot la liberte politique et religieuse, le respect de leur dignite et droits qui ne pouvaient rimer, selon eux qu’avec l’independance, la secession.

La Cote d’Ivoire est aujourd’hui entre guerre et secession : la seule difference avec le cas de l’URSS est que d’une part le processus passe par les armes en Cote d’Ivoire en raison de l’extremisme de Laurent Gbagbo qui n’est pas Mikael Gorbatchev ou Frederic De Klerk, et d’autre part aucun des acteurs, gouvernement et groupes rebelles, ne demandent pour le moment la secession mais plutot la fin de la politique d’hegemonie ethnique meurtriere et le depart de celui qui l’incarne le mieux. Laurent Gbagbo est le seul blocage a la resolution de cette crise. Laurent Gbagbo doit partir pour au moins deux raisons qui n’ont rien a voir avec le socialisme : d’abord, contrairement a ce que pretend mensongerement Jean Ziegler, Laurent Gbagbo n’a pas ete “democratiquement elu” et tout le monde se rappelle les appels (reproduits par les medias) de l’ONU, des Etats-Unis, de l’Afrique du Sud, etc, a la reprise des elections presidentielles en Cote d’Ivoire parce qu’elles n’avaient ete ni “ouvertes, ni transparentes, ni democratiques”. Laurent Gbagbo, l’usurpateur, qui occupe la presidence depuis deux ans n’aurait en fait jamais meme du l’avoir ne serait-ce qu’une heure car il ne peut remporter aucune veritable election democratique en Cote d’Ivoire. Ensuite, l’ivoiritaire Laurent Gbagbo, le President-ministre de la Defense, sa soldasteque, ses mercenaires et ses escadrons de la mort sont responsables de crimes graves (genocide, crimes contre l’humanite, crimes de guerre) pour lesquels ils doivent, a l’instar de Milosevic, etre juges car l’impunite en Cote d’Ivoire a atteint des proportions intolerables sous le calamiteux regne de Laurent Gbagbo.

L’aveuglement de Jean Ziegler nous rappelle celui de ces intellectuels de gauche qui refusaient de croire en la realite du goulag, des crimes de Staline, simplement parce que selon eux Staline ne pouvait qu'etre innocent puisqu'il appartenait a la religion revelee : le socialisme. Que l'ex tiers-mondiste Ziegler veuille considerer la Cote d'Ivoire comme une nouvelle terre d'expansion du socialisme grace a son ami Gbagbo est son droit, mais de la a verser dans la malhonnetete intellectuelle, il y a un pas prejudiciable a son honneur qu'il a malheureusement franchi. Le tiers-mondisme et le socialisme ne saurait excuser le delire de Jean Ziegler sur la Cote d'Ivoire. On se demande meme pourquoi “Le Monde”, generalement mieux inspire meme s’il s’est souvent fourvoye en Afrique a l’epoque des partis uniques triomphants, a pu publier un article aussi intellectuellement faible, partisan et malhonnete au regard des faits. Sans doute parce qu'il s'agit simplement de Jean Ziegler, auteur celebre, a qui tout semble permis. Ziegler est vraiment en pleine regression morale et intellectuelle. Car un sociologue comme Ziegler devrait d'abord baser son argumentation sur les faits, comme nous l'enseigne Emile Durkheim, le pere de la sociologie moderne, et non uniquement sur ses pulsions, emotions et amities socialistes. Julien Benda, dans La trahison des clercs nous enseigne pourtant que la fidelite aux principes doit etre plus importante que la fidelite aux hommes, aux interets politiques et materiels.

L'aveuglement de Ziegler nous rappelle encore celui du Parti socialiste francais a l'egard de Gbagbo, un PS qui a soutenu a fond Laurent Gbagbo, au moment ou son ascension sanglante au pouvoir n'etait pas irresistible, au nom de solidarites socialistes au point de refuser de voir que “l’election” de l’ivoiritaire Laurent Gbagbo dans le sang etait indamissible et ne pouvait qu’aggraver la crise ivoirienne. Que pensent tous ces gens savants du charnier de civils "etrangers" decouvert dans l'ouest de la CI recemment et qui met en cause, selon Amnesty International, la presse internationale et de nombreux temoignages la soldatesque xenophobe du President-ministre de la Defense Laurent Gbagbo ? Sans doute, pour les elites du PS et le tiers-mondiste Jean Ziegler, des elections frauduleuses inacceptables en France, en Suisse, pays de Ziegler, ou en Amerique le sont en Afrique chez les negres des lors que le potentat local est un ami, qu’il invitera a manger, facilitera “l’influence” des amis, les dessous de table, la fraternite socialiste, etc. ? Quelle decheance pour le Parti socialiste des Laurent Fabuis, Lionel Jospin, Francois Hollande et de leur maitre Francois Mitterrand qui disait, a propos du Rwanda, qu’un genocide de negres n’a aucun interet ?

Jean Ziegler, sociologue, devrait donc savoir a la suite de Durkheim que ce sont sur les faits qu'il faut baser l'argumentation et non en commencant par les ignorer parce qu’ils derangent. C’est d’abord en decrivant avec rigueur les faits qu’on se rapproche de la verite, de la realite. Et ces faits qui accablent Laurent Gbagbo sont tetus, rassembles dans des rapports nationaux et internationaux (ONU, HRW, State Department, etc., MIDH, LIDHO) et aucun soutien zele - fut-il celui de Ziegler-, aucune operation de “communication” ou propagande ne saurait effacer la balafre des crimes qui defigurent le visage haineux du "socialiste" Gbagbo, ni dissimuler sa propagande ivoiritaire. N’en deplaisent au Parti socialiste et a Jean Ziegler, les victimes de Laurent Gbagbo attendent que justice leur soit rendue et elle le sera.

Pourquoi avoir fait assassiner le Dr. Benoit Dacoury, medecin sans activites politiques connues, simplement parce que son frere aine Louis Dacoury, ancien compagnon de route de Gbagbo, avait decide de rejoindre le camp de la rebellion militaire ? En tuant l’innocent Dr. Benoit Dacoury, d’origine bete comme lui, Laurent Gbagbo a montre que ses assassinats n’epargneraient desormais plus les Betes. Pourquoi Laurent Gbagbo a-t-il non seulement fait assassiner Robert Guei, allie devenu adversaire politique, mais aussi sa femme, ses enfants, petits enfants et domestiques ? On entend deja les amis socialistes et les complices de Laurent Gbagbo retorquer : “mais il n’y a pas de preuve que ce soit Laurent Gbagbo le commanditaire de ces crimes”. Ce sont surement les memes qui, a l’avance, innocentaient Staline, aveugles qu’ils etaient par Staline et leur ideologie commune. On peut leur repondre que ces crimes profitent tous a Gbagbo, ont ete commis par des forces de l’ordre qui sont places sous ses ordres, qui ne cachent pas leur adhesion au discours haineux, ivoiritaire de leur chef, et de ce fait Laurent Gbagbo est, pour tout investigateur rigoureux, un suspect de premier ordre. Ce sera a la justice de se prononcer sur la culpabilite de Laurent Gbagbo apres avoir ecoute ses victimes qui accusent Laurent Gbagbo et sa soldatesque Il n’y aura pas de paix en Cote d’Ivoire sans justice et c’est pourquoi il faut faire en sorte que Laurent Gbagbo et ses complices soient conduit devant les tribunaux le plus tot possible pour que toutes les enquetes puissent etre faites sur l’enchainement qui a conduit a ces charniers et crimes. C’est meme de l’interet de Laurent Gbagbo d’aller devant les tribunaux s’il s’estime innocent, car ce sont eux qui ont la faculte de le blanchir. Alors pourquoi met-il tant d’obstacles aux procedures judiciaires nationales et internationale depuis qu’il est au pouvoir ? Il donne l’impression de cacher beaucoup de choses.

La guerre actuelle montre que les victimes de l'ivoirite et de Gbagbo ont decide de prendre les armes pour refuser l'humiliation et combattre pour leurs droits a la citoyennete, a la dignite, a la justice des lors qu'elles ne pouvaient compter sur le bon sens de Laurent Gbagbo et sur le soutien de la communaute regionale et internationale. Qui pourrait les en blamer ? L’histoire prefere les victimes qui resistent a celles qui se couchent et laissent l'avantage au tyran. On les appelle des "rebelles" aujourd’hui : on aurait pu dire aussi de De Gaulle qu'il etait un "rebelle" parce qu'il a refuse l'ordre nazi institue par Petain et Hitler en France. Les Anglais appellaient egalement "rebelles" les Americains qui luttaient pour l’independance des Etats-Unis et la fondation de la democratie americaine. Il s'agit en Cote d’Ivoire du combat contre l’ultra-nationalisme, d'un affrontement sanglant entre la democratie et la barbarie ivoiritaire des Gbagbo. Les rebelles disent qu'ils veulent une vraie democratie et la Justice et que Gbagbo doit demissionner. Ils ont raison. Comment faire la democratie avec des ultra-nationalistes, des integristes de la purete qui refusent la regle democratique et l'egalite en droits des citoyens, la culture de la citoyennete et qui instituent des classifications entre "vrais" et "faux" Ivoiriens, entre Ivoiriens "pur sang", "100%", “50%”, “25%”, etc. Cet Apartheid de Gbagbo est intolerable et inadmissible. Rappelons que face a Milosevic, socialiste et partisan du meme ethnicisme belliqueux que Laurent Gbagbo, l'Europe, l’Amerique et l'OTAN l'ont bombarde en estimant que Milosevic et ses fantasmes de la "Grande Serbie" nous renvoyait au sinistre Adolph Hitler, cet autre socialiste. Les charniers europeens de Milosevic sont-ils si differents des charniers africains de Laurent Gbagbo ?

Si la Cedeao et l'Union africaine n'etaient pas peuplees de presidents frauduleusement elus et criminels comme Laurent Gbagbo et son ami Gnassingbe Eyadema (mediateur complaisant et discredite de la crise ivoirienne), si ces organisations africaines avaient une culture democratique forte comme l’Union europeenne et les Etats-Unis, un veritable attachement aux principes des droits de l'homme, et qu'elles avaient en plus de la volonte politique une puissance militaire comme l’OTAN, elles auraient depuis longtemps isoler politiquement le regime milosevicien et criminel de Laurent Gbagbo et l'aurait combattu militairement. Car Laurent Gbagbo deshonore l’Afrique et est un danger pour tous ces Africains qui sont rapatries en catastrophe pour fuir sa violence xenophobe. Laurent Gbagbo viole toutes les regles de la CEDEAO, de la charte africaine des droits de l'homme et tous les instruments internationaux qui garantissent le respect des droits humains comme la Charte universelle des droits de l’homme. Or face au tyran ethnique Laurent Gbagbo, l’Afrique tergiverse et confie stupidement la resolution de la crise ivoirienne a Eyadema, l’un des pires dictateurs criminels de l’Afrique, accroche, comme une sangsue, au pouvoir depuis 37 ans. L’Union Africaine, elle-meme animee par un Secretaire general ivoirien, Essy Amara, largement compromis avec la politique de l’ivoirite de Konan Bedie puisqu’il fut, sans discontinuer, pendant les six ans de regne du pere de l’ivoirite, son docile ministre des Affaires etrangeres, est paralysee face a la crise ivoirienne, comme elle le fut deja dans la crise Malgache après avoir soutenu un autre partisan de la fraude electorale, Didier Ratsiraka. L’Union Africaine s’est egalement largement discredite dans son soutien a l’election dans la fraude de Robert Mugabe. Sous la houlette d’Essy Amara qui doit son election a Laurent Gbagbo, l’Union Africaine repete en Cote d’Ivoire les memes heresies de soutien a un regime qui repose sur la xenophobie et la fraude plutot que de le denoncer comme il se doit. Certains pays de la Cedeao n’ont pas peur du ridicule : ils pretendent meme soutenir un regime "legal", "democratiquement elu", etc, alors qu’ils doivent constater que leurs ressortissants sont froidement et frequemment assassines en raison de leur origine, menaces par la fureur xenophobe de Gbagbo et qu'ils doivent les rapatrier par centaines (Guinee, Mali, Nigerians, Niger, etc.). Ils pensent que leur attitude conciliante vis-à-vis de Laurent Gbagbo limitera les assassinats contre leurs ressortissants. Ils font une erreur grave : ceux qui ont pactiser avec Hitler au motif qu’il fallait l’apaiser, le calmer ont recolter le deshonneur et la defaite. Nous avons vraiment besoin, en ces temps ou l’ethique des politiciens valse, d'un Winston Churchill qui a refuse de pactiser avec Hitler et qui a compris qu'il fallait le combattre les armes a la main.
On ne negocie pas avec les Hitler, les Milosevic, Habyarimana, Gbagbo et consorts qui ne croient qu’en la purification ethnique, en la societe pure : on les combat pour les faire comparaitre devant des tribunaux.

Le nationalisme conduit a la guerre, comme nous l'a enseigne l'histoire du XXeme siecle avec son lot de genocides. "Le nationalisme, c'est la guerre" disait Mitterrand, dans un moment de lucidite, a propos de l'ex-Yougoslavie. L'exemple ivoirien vient de montrer qu'il n'avait pas tort. Et il faut resister et combattre les armes a la main contre les ultranationalistes. La revolte des militaires ivoiriens est legitime a tous point de vue des lors qu’elle vise a instaurer la democratie et a debarasser le pays d’un dictateur criminel. L’experience montre que les intellectuels peuvent denoncer avec des ecrits ces regimes ultranationalistes meurtriers, mais ils ne reussissent jamais a les faire tomber tout seuls et doivent generalement prendre la route de l’exil s’ils veulent survivre a leurs ecrits et a la censure. Ceux qui, comme moi-meme, denoncent a travers des articles, depuis des annees les ultranationalistes ivoiriens, les crimes de Konan Bedie et Laurent Gbagbo, savaient qu’il leur etait devenu impossible de faire tomber ce regime et de provoquer un vraie dynamique democratique en Cote d’Ivoire. Pourquoi bouder son plaisir quand des militaires utilisent contre ces regimes violents le seul langage qu’il comprennent, celui de la force ? Ceux qui, comme Jean Ziegler, critiquent la rebellion militaire ivoirienne et qui ont ete incapables de critiquer ou de mettre fin aux crimes de Laurent Gbagbo sont en realite des partisans du statu quo insensibles aux cris des victimes et a leur quete de justice. Ont-ils eu la meme attitude complaisante et irresponsables a l’egard de Milosevic quand l’OTAN lui envoyait des bombes ? Les militaires rebelles ivoiriens ne sont pas plus va-t-en guerre que ceux de l’OTAN et leurs responsables politiques.

C’est pourquoi, a moins de vouloir simplement tomber du cote ou on penche, il faudrait etre lucide et rendre a Cesar ce qui revient a Cesar et saluer cette rebellion ivoirienne des "sans papiers" qui demandent, a la force des armes, dans la pure tradition des Revolutionnaires europeens et americains du 18eme siecle, la liberte, la justice, la democratie, une Constitution non segregationniste, des elections transparentes, la securite pour les etrangers, etc, et la fin d’un regime base sur une ideologie xenophobe, raciste et meurtriere. Il faut saluer le courage de ces rebelles : c'est eux qui construisent la democratie en Cote d'Ivoire, qui posent avec une efficacite tres forte la question de la democratie au moment ou tout le monde s'accommodait du mal elu, xenophobe, tribaliste et meurtrier Laurent Gbagbo. Grace a eux, la donne a radicalement change en Cote d’Ivoire en quelques semaines et il est desormais devenu tres probable que Laurent Gbagbo, le Milosevic ivoirien, quitte le pouvoir par la force ou la negociation. Lors de la guerre contre Milosevic, le journal “Le Monde”, avait soutenu celle-ci a travers un memorable editorial intitule “Cause juste”, expliquant qu’une telle barbarie hitlerienne ne pouvait plus etre acceptee en Europe. “Le Monde” avait raison. On ose esperer que “Le Monde”, en donnant la parole a Jean Ziegler, ne considere pas que la barbarie intolerable en Europe peut l’etre en Afrique.

De la meme maniere que la guerre contre Milosevic reposait, selon “Le Monde” sur une “cause juste”, de la meme facon la guerre que la rebellion mene contre Laurent Gbagbo repose sur une cause juste. Car les socialistes Laurent Gbagbo et Milosevic sont des jumeaux politiques, auteurs de crimes et charniers commis sur la base de l’intolerance et d’une ideologie raciste, xenophobe et tribaliste. Comme Milosevic, Gbagbo doit etre traine devant une Cour de justice le plus tot possible. Ceux qui en France, en Amerique et partout dans le monde ont soutenu hier avec raison la guerre contre Milosevic au nom des valeurs de la civilisation et son transferement a La Haye manqueraient singulierement de coherence ethique et politique s’ils ne soutiennent pas la chute de Laurent Gbagbo et son inculpation par la Justice internationale. L’ONU doit declencher contre Laurent Gbagbo la procedure de saisine de la Cour Penale Internationale puisque le regime ivoirien, qui semble avoir beaucoup a se reprocher, refuse malheureusement de ratifier le traite instituant cette Cour afin que ses dirigeants y soient justiciables.

Laurent Gbagbo qui commettait allegrement crimes de sang apres crimes economiques tout en revant a voix haute d’un deuxieme mandat qu’il preparait deja de maniere frauduleuse par reduction drastique de l’electorat et des candidats hostiles, refusant toute concession a ses adversaires, refusant d’amender les clauses constitutionnelles conflictuelles doit desormais reviser ses ambitions a la baisse. Il joue desormais sa survie politique, voire meme physique en raison de la situation de guerre. La communaute internationale le soutient comme la corde soutien le pendu : elle devrait le condamner clairement l’isoler, le contraindre a la demission et le juger, comme elle l’a fait avec Milosevic. C’est la voie de l’honneur et de la justice.

Laurent Gbagbo ne sait meme plus s’il pourra finir son mandat actuel et dans quel etat. Chaque jour est pour Laurent Gbagbo devenu une vraie epreuve et le futur s’annonce d’autant plus incertain qu’il doit desormais repondre de ses crimes. Et ce ne sont pas les elucubrations d’un Jean Ziegler et des socialistes francais qui y changeront quelque chose. La reside deja, a mi-parcours la victoire de nos amis les “rebelles”. On attend d’eux, de Soro Guillaume, Dacoury Tabley, Tuo Fozie, qu’ils ne relachent pas la pression, qu’ils finissent militairement ou par la negociation le travail de la mise a l’ecart definitive de Laurent Gbagbo afin que la construction d’une Cote d’Ivoire moderne, multiethnique, democratique, ouverte et tolerante demarre enfin. Car, il est tant que la Cote d’Ivoire retrouve sa dignite bafouee par ses politiciens mediocres ainsi que sa stabilite. Ces politiciens mediocres que sont Laurent Gbagbo, Konan Bedie et Alassane Ouattara, aussi controverses les uns que les autres, rejetes chacun par des pans entiers de l’opinion ont lamentalement echoue et sont les responsables de la crise actuelle. Qu’ils soient allies dans un gouvernement de “reconciliation” n’a rien arrange comme on l’a vu ces derniers mois ; quand ils se combattent comme des gosses, ils retardent la Cote d’Ivoire. La realite est que Alassane Ouattara, Konan Bedie, Laurent Gbagbo (et feu Robert Guei) – ce que j’ai appelle “la bande des quatre” – ont perdu toute credibilite politique car ils ont tous soutenu les principales lois segregationnistes et ivoiritaires que les rebelles contestent aujourd’hui : la loi sur le foncier rural de 1998, la constitution segregationniste de 2000 et la dangereuse loi sur l’identification de la population. Laurent Gbagbo, Konan Bedie, Alassane Ouattara sont incontestablement contamines par l’ivoirite. Ils sont des produits avaries qui pourrissent la societe ivoirienne du haut en bas, de veritables virus qui infectent et rongent le corps de la Cote d’Ivoire depuis dix ans. Comment la Cote d’Ivoire pourrait-elle recouvrer la sante et entrer dans la modernite sans avoir d’abord extirpe de tels dangereux virus ? S’ils ont une conscience nationale, ils doivent se demander pardon au pays, se retirer d’eux-memes de la politique pour que la Cote d’Ivoire renaisse car ils ont lamentablement echoue et se mettre a la disposition de la justice. S’ils s’y refusent, tous les democrates ivoiriens doivent, sans complaisance ethnique ou sentimentale, se mobiliser pour leur faire barrage.

Il ne s’agit point ici d’exclusion artificielle de qui que ce soit mais simplement de mettre hors-jeu les responsables d’une crise et qui doivent rendre compte et paye le prix politique de leur echec politique. Quand Lionel Jospin a lamentablement echoue face a Jean-Marie Le Pen, il s’est retire de lui-meme avant qu’on ne lui montre la porte de sortie. Les politiciens ivoiriens doivent se montrer pour une fois dignes après avoir echoue. Ils doivent tous montrer leur disponibilite a aller devant des tribunaux pour repondre des graves crimes economiques et de sang dont les accusent sans cesse a travers la presse, a tort ou a raison peut-etre, leurs detracteurs, leurs victimes et des parties non negligeables de l’opinion. C’est uniquement a la justice de les condamner ou les blanchir quand elle recevra les plaintes de leurs detracteurs. Pour etre blanchi, il faut etre juge. Ils ont donc grand interet a se faire juger pour recevoir leur peine ou se laver de tout soupcon. Il y a une insupportable indecence a les voir continuer a s’activer pour des positions de pouvoir alors qu’ils ont une large responsabilite dans cette crise ivoirienne qui dure depuis dix ans et que de graves soupcons pesent contre eux et sur lesquels l’opinion doit etre eclairee.

L’enjeu est plus important que l’ego de ces trois individus qui ont meurtri la Cote d’Ivoire : il s’agit de permettre une resolution democratique de la crise ivoirienne, puis ensuite une vraie reconciliation nationale a travers un nouveau personnel politique sain dont l’emergence ne pourra avoir lieu tant que la vieille classe politique qui porte l’entiere responsabilite de la crise actuelle fera encore de la resistance pour sauvegarder des interets personnels. Il y a la un vrai defi, une reflexion serieuse pour les mouvements rebelles qui ont enclenche la dynamique du changement et qui promettent la renaissance democratique et la reconciliation nationale. Celles-ci ne peut avoir lieu avec la vieille classe politique corrompue, usee par ses propres intrigues, ses derives ivoiritaires et sa corruption.

La Cote d’Ivoire, pour avancer, doit etre rigoureuse dans ses choix futurs. De cette rigueur morale et politique, Soro Guillaume, Dacoury-Tabley ont montre qu’ils en etaient capables en refusant de signer a Lome des accords douteux, complaisants, dangereux pour le pays et qui ne visaient qu’a assurer la survie de Laurent Gbagbo, de l’actuelle classe politique corrompue en recourant de nouveau a la meme potion magique de “gouvernements de rassemblement” ou “d’union” qui ne visent qu’a neutraliser toute opposition credible par la redistribution aux uns et aux autres de prebendes de l’Etat pendant que le pays s’enfonce et que la democratie est renvoyee aux calendes grecques.

Quand les “rebelles” auront projete la Cote d’Ivoire dans la modernite et la civilisation, et que Laurent Gbagbo aura rejoint Milosevic devant les tribunaux, ils seront eux-memes surpris de voir que ceux qui, comme Jean Ziegler et les intellectuels bien-pensants, les denigrent abondamment aujourd’hui, et les regardent avec mepris du haut de certitudes et prejuges qui les deshonorent, changeront subitement de ton en arguant qu’ils ignoraient tout des crimes de Gbagbo, de sa soldatesque ethnique et de ses mercenaires. L’histoire est ainsi faite et celle de l’aveuglement des politiciens et intellectuels de gauche face aux crimes du stalinisme est edifiante a cet egard. Les rebelles deviendront alors pour ces amnesiques a l’ethique chancelante ce qu’ils sont deja pour nous : des liberateurs, des democrates, des hommes de courage et d’une profonde modernite. Et Laurent Gbagbo apparaitra enfin a tous sous son vrai jour : un veritable assassin prêt a tous les crimes pour garder illegitimement le pouvoir et perpetuer, avec son ami Henri Konan Bedie, l’ivoirite, cette ideologie de la purete, de la haine et du genocide. Les poubelles de l’Histoire les attendent. La Justice aussi.

Dr. Tiemoko Coulibaly

(Docteur en histoire de l’Universite Paris1-Pantheon-Sorbonne)

Refugie politique ivoirien aux Etats-Unis

Washington DC, le 1er janvier 2003

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[1] Sur les racines historiques et les manifestations recentes de la crise ivoirienne, lire entre autres : Tiemoko Coulibaly, “Lente decomposition en Cote d’Ivoire”, in Le Monde diplomatique, novembre 2002 ; ou encore Tiemoko Coulibaly, “La classe politique ivoirienne se cherche”, Le Monde diplomatique, octobre 200 ; Tiemoko Coulibaly, “Surencheres identitaires et religieuses en Cote d’Ivoire”, revue Politique Africaine, 58, Juin 1995, Paris, Karthala.

[2] Lire Tiemoko Coulibaly, “Laurent Gbagbo ou l’art de la rhetorique raciste” in Le Populaire, Abidjan, Mai 2000.

[3] Sur cette tragedie, voir notamment l’excellent film du sociologue belge Benoit Scheuer : Cote d’Ivoire : la poudriere identitaire, 2001. Il faut remercier mille fois Benoit Scheuer d’avoir fait connaitre au monde cette page sombre de la Cote d’Ivoire, en donnant la parole aux victimes et aux auteurs (intellectuels, gendarmes, etc.) de ces crimes contre l’humanite. Ce film demeurera une piece a conviction importante lorsqu’une Cour penale internationale se penchera sur les crimes des Konan Bedie, Laurent Gbagbo et consorts.

[4] Guillaume Soro, le Secretaire General du Mouvement Patriotique de Cote d’Ivoire (MPCI), principal groupe rebelle ivoirien, vient d’annoncer publiquement, dans son adresse au peuple ivoirien du 31 decembre 2002, que son mouvement formulera prochainement une requete officielle en ce sens aupres de l’ONU.


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